Escapades.

05 mars 2021

Première rentrée à l'école.

Pour le Défi du Samedi. Le mot-défi : encaustique.

 

 

bureau

Première rentrée à l'école.

 

Il arrive parfois qu'une pensée ou un souvenir vous assaille tout à coup et l'on est ébloui par sa fulgurance. Et qu'un mot, un mot tout simple, usuel, ouvre soudain dans votre esprit, dans votre mémoire une porte sur un moment de vie et l'âge aidant, très souvent sur l'enfance. Encaustique. S' y associent, pour moi immédiatement une odeur puis tout juste après, un décor. Ce mot choisi par notre ami Walrus m'a transportée bien des années en arrière, dans les années 50/60.

Un matin de septembre aux couleurs déjà bien présentes de l'automne. Je vais avoir 6 ans dans quelques jours. Je suis réveillée depuis des heures. Ai-je seulement dormi tellement l'impatience me tenaille. Je vais à l'école aujourd'hui. Un événement oui vraiment. J'attends ce moment depuis si longtemps. Un jour nouveau pour une vie nouvelle. D'ailleurs, tout est nouveau, neuf je veux dire : la jolie blouse à carreaux, la veste de lainage tricotée par ma grand-mère pour l'occasion. Et mon sésame : le cartable marron, une richesse, un bien précieux, solide et qui sent bon le cuir. Ce dernier revêt pour moi une importance particulière : il est à moi et à moi seule avec, à l'intérieur le joli plumier en bois verni et son porte-plume. Je n'aurai pas à partager cette petite fortune avec mes frères et sœur plus jeunes comme je dois le faire habituellement pour tout le reste.

Je suis prête et j'attends avec une certaine fébrilité que la cloche sonne. Je tiens mon sac d'une main ferme et de l'autre, le livre de lecture – que je n'ai pas voulu placer dans le cartable - acheté par mon père et avec lequel il m'a appris à lire. Il trouvait sans doute comme moi injuste de faire une rentrée à 6 ans parce que j'étais née en fin d'année. Ce livre m'a attiré quelques ennuis avec la maîtresse car elle avait une autre méthode pour apprendre. Et moi, bien entendu je ne voulais pas m'en séparer. Un premier livre, on ne l'abandonne pas. Le premier que j'ai aimé c'est dire. Pour l'écriture également, cela ne s'est pas passé tout seul et tranquillement. Papa m'avait aussi appris à tracer l'alphabet à sa manière qui n'était pas tout à fait celle de l'institutrice. Notamment pour les « i ». Mais c'est une autre histoire.

Enfin, voici le moment de faire les deux cents mètres qui me séparent de l'école. Papa m'accompagne et me laisse au portail à ma demande. Je suis grande n'est-ce pas et je n'ai plus besoin qu'on me tienne la main. Bien sûr, la cour je la connais déjà. J'y suis entrée plusieurs fois en fin de journée pour apporter à la maîtresse la tarte ou le pâté de viande et pommes de terre que l'on cuit dans notre four familial le jour du pain. Mais je ne connais pas la classe – unique - dont la porte est toujours fermée à cette heure et les épais rideaux tirés. A mon grand regret.

Ce matin, je brûle de découvrir enfin ce mystère : une salle de classe. Cela m'impressionne bien plus que d'affronter la maîtresse et les camarades qui me sont tous familiers.

Après quelques bousculades parmi « les grands » la porte s'ouvre enfin et Madame N. nous demande de nous ranger pour pénétrer dans le sanctuaire (pour moi). L'odeur d'encaustique, très prégnante me prend quelque peu à la gorge. Mais je ne la crains pas. Je trouve même que ça embaume comme quand maman nettoie la maison au printemps. Le bureau sur l'estrade et les tables bien rangées ont été récurés et cirés. Tout est en bois et tout brille. Même la bibliothèque tout au fond. Cette dernière recèle des trésors que je n'aurai de cesse d'explorer tout au long de mes années de primaire. Et le grand tableau noir triptyque, les cartes géographiques qui ornent les murs, la mappemonde sur une console... des découvertes que je balaie d'un regard attentif.

Voilà ce que furent mes premiers pas dans la salle de classe de l'école de mon village. Ils sont inoubliables et le parfum de la cire, puissant et évocateur entre pleinement dans ce souvenir. Il en est la quintessence et déclenche en moi chaque fois que je le respire une véritable émotion. En fermant les yeux je revois, l'espace d'un instant fugace, la petite fille curieuse et volontaire qui aborde un monde nouveau pour elle et qu'elle va aimer beaucoup.

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03 mars 2021

Les fleurs de mon jardin.

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01 mars 2021

Ernest a huit mois.

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21 février 2021

Ah oui vraiment, quel beau métier...!

Pour le Défi du Samedi. Le mot-défi : curriculum

 

Ah vraiment quel beau métier !

 

- Salut Michou ! Tu t'es fait chic aujourd'hui. T'es allé aux filles ?

- Pfff. Te fous pas de moi Max.

- Mais non. T'es allé en ville ?

- J'étais à la Mairie.

- Ah ! Il fallait se mettre sur son trente et un pour voir le maire ?

- Tu comprends rien. Et tu m'agaces avec tes questions. Si tu veux savoir, je suis allé me présenter pour faire l'entretien.

- L'entretien de quoi ?

- De la commune pardi. Tu te rends compte si je suis pris ? ( Michou se frotte les mains. Il en rêve d'être cantonnier ) A la place de ce pauvre Jeannot qui peut plus soulever un outil tellement les douleurs le bouffent.

- Tu vois ce qui t'attend... Et le Jeannot, il s'en est pas beaucoup servi de sa pelle. Ah si, le plus souvent pour s'appuyer dessus. Il a plutôt la maladie du renard oui !

- Mauvaise langue. En plus, le malheureux, il paraît qu'il a attrapé l'aprostate. Et puis, tu vas pas comparer ? T'as vu comme je suis costaud.

- Et alors, c'est le maire qui t'as reçu ? Il te connaît bien et il préfère sûrement que tu te lèves le matin pour aller bosser un peu, plutôt que te planquer sous les fenêtres de la Marie-Jo toutes les nuits. Pour essayer de la voir à poil. Tu l'auras le poste, je te le dis.

- Si tu continues à raconter des racontars de merde, je te fous mon poing dans la figure.

- Allez, te fâche pas.

- Bon. Il était pas tout seul le maire. Y avait un type qui rigolait tout le temps comme si on le chatouillait et une nana qui me regardait de travers, une grosse qui montrait ses seins.

- T'as pas dû t'ennuyer alors ! Ils t'ont posé beaucoup de questions ? T'es embauché ou quoi  ?

- Doucement pas si vite. Faut que j'y revienne. J'avais pas fait mon spéculum vité.

- Hihihi.

- Qu'est ce que t'as à te foutre de ma gueule ? Tu te crois intelligent ?

- Te fâche pas. T'as pas bien compris je crois. Le truc dont tu parles c'est les toubibs des femmes qui l'utilisent. Ça servirait à rien que je t 'explique puisque t'as pas de femme. Les autres, là, à la Mairie, ils veulent voir ton curriculum vitae. C'est du latin. Tu sais bien que maintenant ces gens-là peuvent pas parler comme tout le monde. Ça veut dire qu'il faut que tu écrives sur un papier tout ce que tu as fait jusqu'à présent et tout ce que tu sais faire.

- Ah bon ? Il faut tout ça pour être cantonnier ? Tu pourras m'aider toi ? T'es plus instruit que moi. Je te paierai un canon, tiens.

- Si tu veux. Pour ce qui est de ce que tu as fait jusqu'à présent, ça ira vite.

- Comment ça ?

- Ben dis-donc Michou, avoue quand même qu'à part glander et te balader sur ton pétarou...

- Oh ça va hein ! Mais j'y pense : ils m'ont demandé si je savais conduire une balayeuse. Tu crois pas qu'ils sont maboules ? Faut pas savoir conduire pour pousser un balai tout de même. Et puis ils veulent pas que je dise « cantonnier ». Ils parlent d'employé de la voierie. Quelle voierie ? Ils savent même pas qu'on a depuis longtemps fait sauter les rails du transcailladou. Et ils se croient malins ces deux gougnafiers. Je parle pas du maire : bouche cousue. J'avais beau le regarder pour qu'il dise deux mots. Rien. Pourra toujours courir pour que je lui apporte des truites, et des cèpes celui-là !

- A mon avis, tu devrais bien pourtant. A la fin, c'est lui qui décide.

- Tu crois ?

- J'en suis sûr. Tu vas réfléchir pour tes compétences et ce que tu espères comme paie. On se voit demain.

- Hé Max, les compé...comme tu dis : pas de problème, ils peuvent compter sur moi. Pour l'argent, ils me donneront ce qu'ils voudront. Pourvu que je puisse payer mes pipes et mettre de l'essence dans ma bécane, moi, ça me va. Mais faudra pas oublier de préciser qu'il me faut mon transistor pour travailler. Et aussi ma mobylette. A demain chez la Jeanne. Tu auras ton verre de blanc servi. Même qu'on demandera la bouteille si tu veux.

 

Ah ! Ce brave Michou. Le cœur sur la main. Toujours prêt à rendre service. Ce travail lui conviendra j'en suis sûr. Si on sait le prendre on en fait ce qu'on veut. Il mérite la place allez. C'est pas de sa faute si les crapauds n'ont pas de queue tout de même !

 

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14 février 2021

Ernestino d'amour à moi !

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Le transcailladou.

Ecrit pour le Défi du Samdi. Le mot-défi : ballast.

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Aujourd'hui ma balade s'effectue à Uzerche, dite la perle du Limousin. Elle est intitulée « sur les pas de Simone de Beauvoir. » L'écrivaine passait, enfant, ses vacances en Corrèze chez son grand-père, tout près de la fière petite ville accrochée à ses rochers surplombant la Vézère. Elle écrit dans  Les mémoires d'une jeune fille rangée : « le foisonnement des couleurs, des odeurs m'exaltait. Partout, dans l'eau verte des pêcheries, dans la houle des prairies, sous les fougères qui coupent, au creux des taillis se cachaient des trésors que je brûlais de découvrir .» Personne n'a su narrer mieux qu'elle tout ce qui fait le charme de la cité et de ses abords.

A mon tour de partir à la découverte de ces richesses dont la nature est prodigue. Et aussi – et surtout - sur la trace de mes souvenirs.

Je commence ma promenade depuis la toute petite gare abandonnée pour emprunter l'ancien tracé d'un chemin de fer à voie métrique reliant Uzerche à Tulle. Madame de Beauvoir a-t-elle pris elle-même le tacot ? Peut être. Pour ma part, je l'ai utilisé durant tout un été, juste avant qu'il ne s'arrête définitivement. J'avais 19 ans.

La Vézère, gonflée des eaux de pluie qui ne cesse de tomber depuis quelques mois, gronde juste au-dessous du chemin. Je marche sur le ballast depuis longtemps recouvert d'un tapis d 'herbe. Plus de rails. Plus aucune trace du petit train si pittoresque qui désenclavait le cœur du département et rendait tellement service à ses habitants. Cette ligne mise en service en 1904 a cessé de fonctionner en 1968. Un grand dommage : elle serait aujourd'hui un atout précieux pour la Corrèze résolument tournée vers le tourisme vert.

Quel bonheur ce petit train que je prenais le samedi matin pour rejoindre la maison familiale !

Et quel contraste entre lui et son grand frère qui me conduisait de Limoges à la « grande » gare d'Uzerche d'où une navette emmenait les voyageurs jusqu'à la petite gare du tacot !

Dans l'un, personne ne se parlait. Personne ne se regardait. Chacun vaquait à ses affaires tranquillement : lecture, mots croisés, contemplation du paysage, rêverie..... Non. Pas encore ces horreurs de téléphones portables qui déshumanisent totalement et importunent. Il existait alors un respect mutuel entre les passagers. Dans l'autre, il en allait tout autrement.

Je n'oublierai jamais l'atmosphère bon enfant qui régnait dans le transcailladou. Pas confortable du tout. Ça non ! Des banquettes de bois où s'installaient les fermières des villages alentours en se bousculant sans vergogne pour avoir une place. Elles se comportaient en maîtresses des lieux et c'était comique de les voir s'apostropher. Cela faisait partie du folklore local et personne n'y trouvait à redire. On s'arrangeait toujours pour avoir un petit coin où s'asseoir. C'était mon cas. Ma valise sous les pieds, je prenais plaisir à observer, amusée, mes payses.

Elles se connaissaient et faisaient l'inventaire – non dépourvu d'une certaine rivalité - de tout ce qu'elles allaient vendre sur le marché de la place de la cathédrale à Tulle. L'une ouvrait un cabas où des lapins remuaient leur nez dans le foin, l'autre rabrouait vertement un canard tentant de s'échapper, une troisième renouait précipitamment les liens autour des pattes d'un poulet qui ne demandait qu'à sortir de son carton pour prendre l'air.

Dans des caissettes s'entassaient les légumes frais : poireaux, carottes, salades qu'elles avaient juste ramassé le matin très tôt dans les jardins ou les champs. Et des fraises, des framboises, des cassis...

Puis venait le moment où dans un soudain silence religieux, les paysannes, vêtues proprement pour l'occasion d'un tablier noir pour les plus âgées et fleuri pour les autres, soulevaient avec précaution le torchon blanc abritant leurs merveilles. Fièrement, elles exposaient aux yeux de tous des montagnes de tourtous (galette de sarrasin) des beignets largement saupoudrés de sucre, des mottes de beurre au dessus joliment décoré de fleurs grâce aux dessins des moules en bois, des douzaines d'œufs...Et des caillades ! Ah les caillades ! Ces fromages de vache, ronds et crémeux, au parfum puissant que les bourgeoises de la ville se disputaient. Certaines paysannes en fabriquaient des tartes appétissantes. Et les plus généreuses sortaient un couteau de leur poche pour en couper une part offerte aux copines. Les caillades avaient, en quelque sorte, donné leur nom au petit train que l'on appelait familièrement le transcailladou. Mais le summum, c'était lors de poussées de cèpes. Les chanceuses avaient disposé avec amour les têtes brunes dans des paniers d'osier, sur un lit de fougères et lorgnaient d'un œil satisfait les envieuses. L'odeur suave de sous bois des champignons dominait toutes les autres.

Puis, bien vite reprenaient les conversations animées. On riait, on blaguait, on caquetait mieux que la volaille et le vacarme couvrait jusqu'aux sifflements stridents de la locomotive. A chaque petite gare desservie prenaient place d'autres commères et le manège recommençait. On se parlait en occitan et comme je le comprenais et le parlais aussi, je pouvais suivre les conversations sans que l'on s'en doute. Et je m'amusais follement de tous ces échanges pendant la trentaine de kilomètres parcourus. Je savourais les couleurs, les odeurs, les rires. Que tout cela était vivant et sain !

Vaillant petit transcailladou, tu as dû manquer beaucoup aux villageoises qui n'avaient que toi bien souvent pour les sortir de leurs hameaux et leur faire goûter l'air de la ville. Il ne subsiste plus rien de toi ici et je foule ton ancien ballast en regrettant la truculence et le naturel des gens de la terre il y a une cinquantaine d'années.

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08 février 2021

Tentation.

 

67ème devoir de Lakevio du Goût.

Comment diable Francisco Goya, qu’on connaissait plus austère s’y est il pris pour passer de cette première vision à l'autre ?

 

gout 1

 

- Henriette, portez ce verre de xéres à Monsieur je vous prie. Il travaille dans son atelier.

- Bien Madame. Et pour la demoiselle ...?

- Quelle demoiselle, Henriette ?

Devant le sourcil froncé et l'œil noir de sa maîtresse, la petite bonne se saisit prestement de son plateau et s'esquive. Madame n'aime pas quand on lui rappelle que Monsieur reçoit des modèles. La futée Henriette rit sous cape car elle sait que Madame utilisera tous les subterfuges à sa portée pour satisfaire sa curiosité et espionner Monsieur par son truchement.

- Alors Henriette, qu'avez-vous...enfin...qu'avez-vous vu ?

- Où Madame ?

- Quelle sotte ! Chez Monsieur bien sûr.

- Ah ! Rien Madame.

- Mais encore ?

- Eh bien, la jeune fille brune est étendue sur le sofa et Monsieur peint comme à son habitude.

gout 2

 

- Henriette, portez ce pli à Monsieur s'il vous plait. C'est urgent. Et revenez me donner ses instructions.

- Bien Madame.

La petite bonne prend son plateau et docilement va frapper à la porte de Monsieur. Qui ne répond pas. Habituée à cela – Monsieur se concentre et n'entend pas – Henriette entre et posément tend la lettre cachetée à Monsieur qui grogne et d'un geste la congédie.

Tout aussi calmement Henriette sort en fermant la porte et rejoint Madame dans son boudoir.

- Dites-moi Henriette. Qu'a déclaré Monsieur ?

- Rien Madame.

- Comment ça, rien ? Et...qu'avez-vous vu ?

- Rien Madame.

- Dieu, que cette fille est donc stupide ! Enfin que se passe t-il dans l'atelier de Monsieur ?

- Oh Madame, peu de choses vraiment : la demoiselle est couchée, nue, sur le divan et Monsieur nettoie son pinceau.

 

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06 février 2021

Alors quoi !

Pour le Défi du Samedi. Le mot-défi : abalone.

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Abalone ! Abalone ! Est-ce que j'ai une gueule d'abalone dit l'abalène ?

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04 février 2021

Titan !

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01 février 2021

Dans quel état j'erre.

Pour le 66 ème devoir de Lakevio du Goût.

"Qu'est-ce qui a bien pu surprendre cet homme. L'affoler au point qu'on le croit fou ? " nous demande Monsieur le Goût.

gout

 

Je vais d'une pièce à l'autre. Ouvre tous les tiroirs. Renverse les étagères. Je me suis mis à quatre pattes dans la chambre pour regarder sous le lit. Rien. Toujours rien. J'aurais pourtant juré qu'elle ne m'avait pas abandonné sans laisser quelque souvenir. Mais non. L'ingrate. Je viens même d'explorer la véranda et la terrasse. Vidé les poubelles. Pas une seule trace.

Mon Dieu, au secours ! Comment vais-je faire ? J'ai beau chercher partout. Un chat ! Voilà tout ce qu'elle a oublié à la maison. Et quand je dis : oublier...Elle l'a fait exprès la garce. Et ce chat, une véritable plaie. Il miaule sans arrêt depuis qu'elle est partie. En plus, il tue les oiseaux. Je vais lui tordre le cou.

- minou, minou, va boire ton lait. Manger tes croquettes qui puent le poisson. Et arrête de te frotter contre mes jambes. Je ne suis pas ta mère. Ta mère ? Elle s'est bien foutu de toi aussi.

Peut être dans la salle de bain. Ah oui, sûrement. Dans la salle de bain. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Non mais je rêve ! C'est moi là, dans le miroir ? On dirait un fou. Je vais devenir fou c'est certain.

Qu'est ce qu'il me prend de vider la boîte à pharmacie ? Elle n'a quand même pas eu l'idée saugrenue de les stocker là ? Tiens, elle n'a pas pris ses pilules. Je comprends : elle veut faire un enfant avec cet imbécile. Et pourquoi elle n'a pas voulu avec moi ? J'aurais été un bon père.

Oh et puis  finalement elle a bien fait de plier bagage. Toujours à me reprocher mes implications pour sauver la planète. Ce n'est pas elle qui aurait fait un effort avec ses achats compulsifs.

J'ai mis la maison sens dessus dessous sans résultat. Je soupire, réfléchis en me grattant la tête. Une idée . Qui sait ? Peut être au jardin. Sur la corde à linge. Allons vite. Zut ! Le fil est nu. Et dans le tilleul par hasard. Elle est bien capable... Je sais bien, elle ne porte que de la dentelle suggestive mais il me semble pourtant que quelquefois, elle joue les petites filles modèles.

- Vous avez perdu quelque chose Michel ?

Manquait plus que ça ! La vieille folle qui m'espionne. J'ai l'air malin sur mon échelle à scruter le tilleul.

- Votre chat n'est pas dans l'arbre. Il vous attend au pied de l'escalier. Si je peux vous rendre service...

- Non merci Madame Denise.

Mais au fait elle doit avoir ça la Denise.

- Euh, peut-être que vous allez pouvoir m'aider Madame Denise. Je cherche un slip blanc. Mais pas n'importe quel slip. Un slip 100% coton évidemment.

La voisine m'observe, effarée.

- Ce n'est pas bien Michel de se moquer des vieux.

Elle s'apprête à me tourner le dos. Il faut que je lui explique.

- Madame Denise, je ne me permettrais pas. Vous n'avez pas entendu parler de l'opération « plante ton slip » lancée par l'Ademe ? Si vous en avez deux usagés je viendrai en mettre un dans votre jardin également pour mesurer la fertilité de nos sols.

 

 

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